29 août 2011
Enfants, autour de la table les grands parents passaient leur temps à raconter « leur guerre » ( !), leur travail, ( !) ou, pire, des histoires coquines… Puis on passait au jeu de cartes, de l'oie, ou de jacquet et… au lit les petits ! (Je parle des gens dits 'simples', du bon peuple du 3ème arr. de Paris). Ils étaient plus jeunes que moi actuellement, ces vieux ! Je dis vieux car être vieux c'était plutôt honorifique, signe de respect dû : D'ailleurs l'appellation« personnes âgées » plus courtoise, n'était pas encore passée dans le langage courant.
Je me demande ce que j'aurais actuellement à raconter sans la télé, sans Internet, etc. ….Il est vrai que les repas de famille de l'époque (je devais avoir dans les 20/23 ans) n'ont rien, mais alors rien à voir avec les repas -bio ou pas- partagés avec les copains ; Qu'utiliser le mot « famille » relève de l'hérésie pure et simple, lorsqu il s'agit de faire « tous ensemble » un bon repas.
TOUS ensembles ? L'esprit de famille se perdrait-il ?
Voyant à la télévision (France 3), en direct de la Corée du Sud, les épreuves d'Athlétisme- championnats du Monde- je me revois brutalement à Paris, dans le 15ème arrondissement, chez des amis, les Deshons (Jacky et … ?)
Tous deux débarqués depuis peu de leur province- lui de Montpellier, elle de Nevers- travaillaient comme moi aux P.T.T, à la Direction, Bd de Vaugirard me semble-t-il. Ils se réjouissaient d'inviter à diner Madeleine (avec laquelle je vivais) et moi afin de nous faire découvrir, chez eux, quelque chose d'extraordinaire, qui, disaient-ils, « allait révolutionner le monde »…
Ils disposaient de plus d'argent que nous deux, et venaient d'acquérir une des toutes premières télévisions mises sur le marché et construite artisanalement.
Nous devions simplement dîner chez eux : Je me souviens que nous avons été, Madeleine et moi, tellement subjuguées par « LA TELE » que nous sommes restées chez eux toute la nuit, DEVANT L'ECRAN, tandis qu'ils allaient tous deux se coucher, nous laissant à notre émerveillement du moment. Il s'agissait d'athlétisme, de sportifs, de… ? J'ai su, cette nuit là, que le monde du spectacle- que je revendiquais- allait changer, que c'était le début d'une ère nouvelle dans la communication.
Par contre, depuis tout ce temps, c'est bien la première fois que je reste assise de 12h55 à 15h05 pour visionner un championnat du Monde. J'ai aimé le sport, mais pour choisir lequel et surtout le pratiquer… (natation, marche).C'est tout.
Pour la petite histoire, les « Deshons », très désireux « d'avancer » dans la fonction publique,- plus portés sur les maths et l'étude en général que nous ne l'étions toutes deux-, avaient trouvé (ils sont forcément morts ou à la retraite, je peux donc raconter…) un truc :
Ensemble ils tombaient malades ; Ensemble ils bûchaient comme des fous un mois durant, sans voir personne et ne risquant aucun contrôle du fait de leurs présences permanentes à domicile ; Ensemble ils se trouvaient mal notés du fait de leurs congés-maladie répétitifs ; Ensemble, ils n'en avaient cure ! Car, ayant REUSSIS tous deux le concours proposé par les P.T.T ils changeaient de grade et de service (Bien sûr de salaire, ce qui était leur but !).Et c'est ensemble qu'ils se retrouvaient se retrouvaient fatalement à donner des ordres à ceux qui avaient échoués ; Aussi à ceux ou celles qui n'avaient pas eu le temps de se préparer pour passer l'examen en question.
Ensemble ils tenaient le pari qu'ils avaient délibérément choisi en entrant dans l'administration des P.T.T En passant, une des seules administrations où vous ne profitiez d'aucun de ces petits avantages, genre téléphone, repas, colis, voyage, frais de déplacement,… qui permettaient à de loyaux fonctionnaires, autres que PTT- de « boucler les fins de mois difficiles. .
PS : Je les ai perdus de vue, mais je sais qu'ils ont rejoint leurs provinces natales, n'aimant pas la vie de Paris. Qu'à Montpellier un certain Deshons faisait ou fait encore de la politique …
De toutes façons, ces deux là, ils élevaient leur niveau de vie, lisaient, se cultivaient : c'était déjà pas si mal, pour la France, à l'époque !