Vue du balcon
Bien qu’à Calais pour voir la mer,
Constatez mon karma amer.
Trop souvent la réalité
S’ingénie à nous faire douter.
Face au ciel et face au rivage,
Fenêtres ouvrant sur la plage,
Je réalisais tous mes vœux
Et trouvais cela merveilleux
Or, le seuil à peine franchi
De la résidence où je vis
Je déchiffre, étonnée ces mots,
Pour les résidents, en bien gros.
« Les locataires sont priés
De tenir leurs volets fermés
Tous les jours durant les travaux.
Merci de le faire au plus tôt »
Ravalement de la façade !
Côté parking et côté rade !
C’est que ce sont de gros travaux !
Va savoir le temps qu’il leur faut ?
Et que faire ? Rien ! Obtempérer !
Fenêtres et volets fermés
Je suis cloîtrée à l’intérieur !
La mer m’est retirée ! Ailleurs !
Plus rien à voir à l’extérieur !
Attendre quoi ? Des jours meilleurs
Pour m’installer sur le balcon ?
Jouir de la vue…. à profusion ?
Bien sûr, j’ai l’électricité,
(Et aussi la note à payer !)
« Inutile de t’exciter :
Petit obstacle à surmonter »…
Cet obstacle, en réalité,
M’a permis de vous raconter
Que -plongées dans l’obscurité-
Les plus belles des résidences
Sont prisons, quoi que l’on en pense.
Mieux vaut, afin d’en profiter,
Comme les amours les quitter
Pour quelques heures : S’habituer,
Nez au vent, à se promener,
Dans la journée, sur la jetée.
Obstacle qui sert à comprendre,
Même si cela peut surprendre,
Qu’il n’est point de difficultés
Inutiles : Dans l’obscurité
Je me suis beaucoup divertie
A rédiger ce texte ci,
Bien que privée… c’est un peu C..
De la plage, vue du balcon !
Simone Raton
Calais, 4 décembre 2005